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    Un bouquet de muguet,


    Deux bouquets de muguet,


    Au guet ! Au guet ! 


    Mes amis, il m’en souviendrait,


    Chaque printemps au premier Mai.


    Trois bouquets de muguet,


    Gai ! Gai !


    Au premier Mai,


    Franc bouquet de muguet

     

    Robert Desnos

     

    le muguet

     

     


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    Lorsque ma soeur et moi, dans les forêts profondes,
    Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
    En nous baisant au front tu nous appelais fous,
    Après avoir maudit nos courses vagabondes.

    Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes
    De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
    Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
    Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

    Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
    Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits.
    Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

    Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux,
    Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
    Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

    Théodore de Banville (1823-1891)

     


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  • Le Noël des paysans.

     

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    En attendant la messe, on veille,
    On babille, on chante un Noël ;
    Dans les récits de la plus vieille
    La jeune met son grain de sel.
    Garçons joufflus, que l'on s'empresse,
    Tout frais rasés, vêtus de drap ;
    Filles en blanc, vite à la messe,
    Une étoile vous guidera.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Dig ding dong ! l'église est jolie :
    (Racontons ce que nous voyons)
    De beaux habits toute remplie,
    De cire blanche et de rayons.
    Au fond, dans une niche en verre,
    Dort sur la paille un doux Jésus :
    Rois et bergers sont en prière,
    L'âne et le bœuf soufflent dessus.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Quand à la file on communie,
    L'orgue joue un air de hautbois ;
    Quand toute la messe est finie,
    On s'éparpille dans les bois.
    Il fait si doux ! l'âme est contente,
    J'entends un amoureux qui dit :
    « Cette nuit le rossignol chante,
    La rose a fleuri cette nuit. »

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Allons ! rentrons car il grésille.
    Dit un vieillard en grelottant,
    La bûche de Noël pétille
    Et le réveillon nous attend.
    Respectons la vieille coutume,
    Mes beaux amoureux, buvez frais,
    Mangez le boudin quand il fume,
    Vous vous embrasserez après.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Jésus fait dans notre nuit noire,
    Pauvres gens ! luire une clarté ;
    À sa santé nous devons boire,
    Avec lui naît l'égalité.
    Grands et puissants à mine altière,
    Donnez s'il vous plaît un regard
    Au roi du ciel et de la terre,
    Né sur la paille d'un hangar.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.


    Pierre Dupont.
    (1821 - 1870)

     

    Le Noël des paysans.

     


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    La source qui jaillit témoigne de la mer,
    La feuille dans le ciel témoigne des racines,
    La graine au coeur du fruit témoigne de la fleur,
    La sève de l'aubier témoigne du soleil,

    Il y a plus en vous qu'en toutes les forêts :
    Vous avez leur silence et leur monde secret,
    Ne cherchez pas ailleurs ce que le coeur enferme :
    Découvrez vos jardins, vos marais et vos îles.
    Mais cherchez-les très loin, comme font les racines,
    Très loin dans les régions nocturnes de vous-mêmes.

    Que pour chaque douleur se lève une tendresse !
    Qu'il y ait plus d'amour qu'il n'y a de misère,
    Qu'il y ait plus de paix qu'il n'y a de colère,
    Et bien plus de bonté qu'il n'y a de détresse.

    Didier Rimaud

     


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  • Quand les hommes vivront d'amour

     

     

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

    Quand les hommes vivront d'amour
    Ce sera la paix sur la Terre
    Les soldats seront troubadours
    Mais nous nous serons morts mon frère
    Dans la grande chaîne de la vie
    Où il fallait que nous passions
    Où il fallait que nous soyons
    Nous aurons eu la mauvaise partie

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

    Mais quand les hommes vivront d'amour
    Qu'il n'y aura plus de misère
    Peut-être penseront-ils un jour
    À nous qui serons morts mon frère
    Nous qui aurons aux mauvais jours
    Dans la haine et puis dans la guerre
    Cherché la paix, cherché l'amour
    Qu'ils connaîtront alors mon frère
    Dans la grande chaîne de la vie
    Pour qu'il y ait un meilleur temps
    Il faut toujours quelques perdants
    De la sagesse ici bas c'est le prix

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

     

     

    Raymond Levesque

     

    Quand les hommes vivront d'amour

     

     

     

     

     

     


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