• Le Noël des paysans.

     

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    En attendant la messe, on veille,
    On babille, on chante un Noël ;
    Dans les récits de la plus vieille
    La jeune met son grain de sel.
    Garçons joufflus, que l'on s'empresse,
    Tout frais rasés, vêtus de drap ;
    Filles en blanc, vite à la messe,
    Une étoile vous guidera.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Dig ding dong ! l'église est jolie :
    (Racontons ce que nous voyons)
    De beaux habits toute remplie,
    De cire blanche et de rayons.
    Au fond, dans une niche en verre,
    Dort sur la paille un doux Jésus :
    Rois et bergers sont en prière,
    L'âne et le bœuf soufflent dessus.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Quand à la file on communie,
    L'orgue joue un air de hautbois ;
    Quand toute la messe est finie,
    On s'éparpille dans les bois.
    Il fait si doux ! l'âme est contente,
    J'entends un amoureux qui dit :
    « Cette nuit le rossignol chante,
    La rose a fleuri cette nuit. »

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Allons ! rentrons car il grésille.
    Dit un vieillard en grelottant,
    La bûche de Noël pétille
    Et le réveillon nous attend.
    Respectons la vieille coutume,
    Mes beaux amoureux, buvez frais,
    Mangez le boudin quand il fume,
    Vous vous embrasserez après.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

    Jésus fait dans notre nuit noire,
    Pauvres gens ! luire une clarté ;
    À sa santé nous devons boire,
    Avec lui naît l'égalité.
    Grands et puissants à mine altière,
    Donnez s'il vous plaît un regard
    Au roi du ciel et de la terre,
    Né sur la paille d'un hangar.

    Noël ! des étables aux granges,
    Chantez vallons, dansez hauteurs !
    Jésus descend, quitte ses anges,
    Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.


    Pierre Dupont.
    (1821 - 1870)

     

    Le Noël des paysans.

     


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  •  

    La source qui jaillit témoigne de la mer,
    La feuille dans le ciel témoigne des racines,
    La graine au coeur du fruit témoigne de la fleur,
    La sève de l'aubier témoigne du soleil,

    Il y a plus en vous qu'en toutes les forêts :
    Vous avez leur silence et leur monde secret,
    Ne cherchez pas ailleurs ce que le coeur enferme :
    Découvrez vos jardins, vos marais et vos îles.
    Mais cherchez-les très loin, comme font les racines,
    Très loin dans les régions nocturnes de vous-mêmes.

    Que pour chaque douleur se lève une tendresse !
    Qu'il y ait plus d'amour qu'il n'y a de misère,
    Qu'il y ait plus de paix qu'il n'y a de colère,
    Et bien plus de bonté qu'il n'y a de détresse.

    Didier Rimaud

     


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  • Quand les hommes vivront d'amour

     

     

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

    Quand les hommes vivront d'amour
    Ce sera la paix sur la Terre
    Les soldats seront troubadours
    Mais nous nous serons morts mon frère
    Dans la grande chaîne de la vie
    Où il fallait que nous passions
    Où il fallait que nous soyons
    Nous aurons eu la mauvaise partie

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

    Mais quand les hommes vivront d'amour
    Qu'il n'y aura plus de misère
    Peut-être penseront-ils un jour
    À nous qui serons morts mon frère
    Nous qui aurons aux mauvais jours
    Dans la haine et puis dans la guerre
    Cherché la paix, cherché l'amour
    Qu'ils connaîtront alors mon frère
    Dans la grande chaîne de la vie
    Pour qu'il y ait un meilleur temps
    Il faut toujours quelques perdants
    De la sagesse ici bas c'est le prix

    Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère

     

     

    Raymond Levesque

     

    Quand les hommes vivront d'amour

     

     

     

     

     

     


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  •  

    Il est revenu le temps du muguet

    Comme un vieil ami retrouvé

    Il est revenu flâner le long des quais

    Jusqu'au banc où je t'attendais

    Et j'ai vu refleurir

    L'éclat de ton sourire

    Aujourd'hui plus beau que jamais

    Le temps du muguet ne dure jamais

    Plus longtemps que le mois de mai

    Quand tous ses bouquets déjà se sont fanés

    Pour nous deux rien n'aura changé

    Aussi belle qu'avant

    Notre chanson d'amour

    Chantera comme au premier jour

    Il s'en est allé le temps du muguet

    Comme un vieil ami fatigué

    Pour toute une année pour se faire oublier

    En partant il nous a laissé

    Un peu de son printemps

    Un peu de ses vingt ans

    Pour s'aimer pour s'aimer longtemps.

     

    Francis Lemarque

     

    Le temps du muguet

     


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  • SAGESSE

     

     

     

     

     

    Écoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire.
    Elle est discrète, elle est légère :
    Un frisson d'eau sur de la mousse !

     

    La voix vous fut connue (et chère?),
    Mais à présent elle est voilée
    Comme une veuve désolée,
    Pourtant comme elle encore fière,

     

    Et dans les longs plis de son voile
    Qui palpite aux brises d'automne,
    Cache et montre au coeur qui s'étonne
    La vérité comme une étoile.

     

    Elle dit, la voix reconnue,
    Que la bonté c'est notre vie,
    Que de la haine et de l'envie
    Rien ne reste, la mort venue.

     

    Elle parle aussi de la gloire
    D'être simple sans plus attendre,
    Et de noces d'or et du tendre
    Bonheur d'une paix sans victoire.

     

    Accueillez la voix qui persiste
    Dans son naïf épithalame.
    Allez, rien n'est meilleur à l'âme
    Que de faire une âme moins triste !

     

    Elle est en peine et de passage,
    L'âme qui souffre sans colère,
    Et comme sa morale est claire !...
    Écoutez la chanson bien sage.

     

    Paul Verlaine,

     

     

    SAGESSE

     

      


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